Prévision
Prévoir sa production de marché : la méthode en 5 étapes
Publié le 16 août 2026 8 min de lecture

Combien préparer pour samedi ? Voici une méthode reproductible, applicable au carnet comme à l'application, pour arrêter de deviner.
La prévision de production est le cœur du métier de commerçant non sédentaire. Trop peu, on rate des ventes et on frustre des habitués. Trop, on jette. Entre les deux, il y a une méthode qui s'apprend en une heure et se rode en deux mois.
Étape 1 — Isoler chaque couple produit × marché
La première erreur est de raisonner en total. Un produit ne se vend pas de la même façon le mercredi à Lavaur et le samedi à Albi. L'unité d'analyse pertinente est donc le couple produit × marché. Si vous avez six produits et trois marchés, vous suivez dix-huit petites séries, et chacune est beaucoup plus stable que le total.
Étape 2 — Établir la base historique
Pour chaque couple, prenez les quatre dernières éditions et notez la quantité vendue — jamais la quantité préparée, qui reflète vos décisions passées et non la demande. Faites une moyenne en donnant plus de poids aux deux dernières semaines, qui portent l'information la plus fraîche sur la saison.
Si une édition a été anormale (jour de fête, panne, absence), écartez-la explicitement plutôt que de la laisser fausser la moyenne.
Étape 3 — Déduire les précommandes et ajouter la marge de service
Les précommandes sont une demande déjà certaine. Votre production doit couvrir les précommandes plus la demande spontanée estimée. Ajoutez ensuite une marge de service, c'est-à-dire un petit surplus assumé pour éviter la rupture sur les produits d'appel.
- Produit d'appel très visible : marge de service généreuse, la rupture nuit à l'image de l'étal.
- Produit périssable à faible marge : marge de service quasi nulle.
- Produit qui se conserve ou se transforme : marge de service moyenne, le risque est faible.
Étape 4 — Appliquer les coefficients du jour
Trois coefficients suffisent : météo, calendrier (vacances, ponts, fêtes locales, jour de paie) et événement local (brocante, course, festival, travaux, marché concurrent). Chacun s'exprime en pourcentage d'écart par rapport à la normale, appliqué à votre base.
Ces coefficients doivent être écrits, pas mentaux. Une valeur écrite peut être corrigée après le marché ; une intuition, non.
Étape 5 — Relever le réel et corriger
Après chaque marché, notez la quantité réellement vendue et l'écart avec votre prévision. C'est l'étape que tout le monde saute, et c'est pourtant la seule qui fasse progresser la méthode. Un écart répété dans le même sens signale un coefficient mal réglé, pas de la malchance.
Trois semaines de relevés valent mieux que dix ans d'habitude : on découvre presque toujours qu'on surproduit sur un jour précis.
Les cas particuliers
- Lancement d'un nouveau produit : démarrez volontairement bas, quitte à être en rupture, pour mesurer la demande sans risque.
- Fêtes de fin d'année : l'historique de l'année précédente prime sur les semaines récentes.
- Saisonnalité forte (fraises, huîtres, fleurs) : comparez à la même période de l'an passé, pas au mois précédent.
- Nouveau marché : partez de votre marché le plus comparable, puis corrigez vite.
Automatiser sans perdre la main
Cette méthode fonctionne sur un carnet. Elle devient beaucoup plus rapide quand l'historique se remplit tout seul. Dans MarchéFlow, vous saisissez après chaque marché les quantités préparées et vendues par produit ; l'application conserve l'historique par marché, intègre les précommandes en cours et propose une quantité à préparer pour la prochaine sortie. La décision finale reste la vôtre, mais elle s'appuie enfin sur vos propres chiffres.
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